En cliquant ci-dessous vous pourrez lire l'intervention de M. Gilles NICOLAS, délégué communautaire représentant la commune de CHEVAIGNÉ, lors d'une séance publique de RENNES-MÉTROPOLE concernant le rapport annuel d'activités de la délégation de service public relatif à la conception, l'établissement et l'exploitation du réseau métropolitain de communication électroniques.
Mes chers Collègues,
J'ai déjà évoqué longuement mes réserves à l'égard de l'implantation d'un centre des congrès à RENNES, en 2009 et dans un contexte de crise économique et écologique grave.
Je me contenterai donc de résumer :
sur la forme :
je rappelle que, contrairement à ce qui est écrit dans la délibération, ce projet d'investissement ne figure pas dans le projet communautaire adopté en 2007. Document que je vous invite à lire ou relire si toutefois quelqu'un estime encore utile de se référer à un document élaboré dans un contexte économique et social qui n'intègre absolument pas la crise. Il y a urgence à réajuster nos objectifs. Viser le rayonnement lorsque l'actualité sociale révèle chaque jour les effets de la brutalité économique me paraît plus que décalé. Le rayonnement n'est pas un objectif c'est le fruit d'une politique économique, sociale ou culturelle avisée. Il ne faut jamais abandonner la proie pour l'ombre.
Je m'étonne d'ailleurs que nous n'ayons pas été appelé à réviser le projet communautaire d'une autre mandature. Sauf à considérer que nous sommes d'abord appelés à satisfaire des engagements pris hors de cette instance (voir profession de foi RENNES).
Cette affaire devrait nous interpeller à la veille de l'examen des propositions BALLADUR par le Parlement. En effet je m'interroge sur les moyens à mettre en oeuvre pour garantir des règles de fonctionnement réellement démocratique dans les communautés d'agglomération dont les pouvoirs sont susceptibles d'être étendus notamment par le transfert obligatoire de nouvelles compétences. Je ne suis pas opposé au principe de cette évolution mais j'aimerais obtenir des assurances pour que tous les représentants légitimes des communes puissent prendre leur part dans la définition des projets métropolitains et pas seulement à l'échelle de leur territoire. J'aurai sans doute l'occasion d'y revenir plus tard.
sur le fond :
Aujourd'hui il existe 120 centres des congrès en France, tous ou presque sont déficitaires. Ce qui me permet de rappeler que même si nous admettons d'avance cette perspective du déficit direct, il me paraît anormal que nous nous prononcions sans disposer d'aucun élément nous permettant d'évaluer l'ampleur des charges de fonctionnement qui pèseront sur les finances communautaires dans les années futures. A titre anecdotique, le mois dernier, je me suis rendu à AVIGNON où j'ai découvert un centre des congrès installé dans le prestigieux cadre du Palais des Papes. Même en vacances, j'ai sauté sur l'occasion pour parfaire mes connaissances d'élu. J'ai donc essayé de recueillir quelques informations utiles mais je n'ai pas pu obtenir de réponse sur l'ampleur des résultats comptables malgré de multiples relances. Secret défense sans doute ! Ce mutisme n'est pas fait pour me rassurer.
J'ai appris que des élus de RENNES METROPOLE avaient été invités à visiter d'autres sites, je ne me souviens pas avoir reçu une telle invitation, mais peut-être s'agissait-il d'un public ciblé et convaincu d'avance. Curieux procédé ségrégationniste pour une décision d'une tette importance.
Tout le monde s'accorde à dire qu'avec cette crise, rien ne sera plus comme avant. Il faut trouver de nouvelles réponses aux défis de demain. Lorsqu'on s'attarde un peu sur l'évolution des technologies et des comportements, lorsqu'on voit se profiler une crise énergétique sans précédent qui conduira inévitablement à de graves perturbations techniques et financières qui auront un impact sur les modes de déplacements, il y a tout lieu de s'interroger sur l'opportunité de construire, aujourd'hui, à grands frais un centre des congrès dans une ville qui compte déjà de multiples structures permettant de répondre à une grande variété de besoins. Dans le contexte actuel, J'ai l'intime conviction qu'il y a des besoins plus urgents à satisfaire sur notre territoire.
Cependant j'ai observé des évolutions satisfaisantes du dossier vers d'autres vocations notamment de type culturelles qui auraient pu me conduire à réviser mon vote négatif.
Je crois à la nécessité de réhabiliter ce site historique remarquable et le quartier qui l'entoure,
je crois à la nécessité de créer un auditorium de 1000 places de qualité sur notre agglomération
je crois à la nécessité d'offrir plusieurs espaces modulaires polyvalents pour les réunions débats conférences et expositions diverses
je crois à la vocation patrimoniale ouverte du site à tous les habitants de l'agglomération et au tourisme,
En d'autre temps ou circonstances, je vous aurais proposé un amendement visant à inverser le sens des priorités d'usage de cet équipement sans nuire aux finalités du projet en permettant accessoirement de recevoir des congressistes dans un cadre remarquable de l'agglomération rennaise.
Hélas, lorsque j'observe l'importance et l'origine des financements qui ont été mobilisés et contractualisés sur ce projet de centre de congrès, avant même que notre assemblée ne se prononce, je ne vois pas d'autre choix que de me prononcer pour ou contre.
En conscience de mes responsabilités à l'égard de l'avenir de notre territoire et des générations futures, je voterai CONTRE les objectifs de réalisation du projet de centre de congrès tel qu'il nous est présenté.
Avant de terminer M. Le Président et pour tenir compte d'un précédent fâcheux qui m'a valu des réflexions sur la stupidité de mes propos, j'en appelle à un minimum de respect et de courtoisie même si nous ne partageons pas les mêmes valeurs.
Enfin et compte tenu de l'importance de notre décision, je demande un vote à bulletin secret sur cette délibération.
Gilles NICOLAS, délégué communautaire de CHEVAIGNE